C’est le plus important. Si on se met à la randonnée pour pratiquer régulièrement, tous les week-ends voire plus, il sera intéressant d’investir dans du matériel peut-être plus cher mais de meilleure qualité. Mais peut-être aussi, plus léger histoire de ne pas sentir peser trop les skis sur la neige. Alors qu’une pratique plus occasionnelle ne nécessitera pas un investissement si important. Dans ce cas-là, préférez la location. Vous pourrez, en plus de bénéficier des conseils de votre magasin, tester différents matériels avant de peut-être investir pour un futur hiver.
Il y a plusieurs façons de randonner : en compétition, en mode fitness le soir sur les pistes balisées, en hors-piste pour passer une bonne journée à la cool, en version freerando pour aller chercher des pentes plus sauvages.
Pour ceux qui préfèrent profiter à fond de la descente et s’offrir les meilleures performances de ski, il existe des skis très larges, des fix plus résistantes (mais plus lourdes) et des chaussures plus rigides. A l’opposé, les amateurs de ski-alpinisme et de montées rapides choisiront du matériel ultra-léger, des fixations poids plume et des chaussures carbone. Entre ces deux extrêmes, il est possible de trouver tous les types de skis : suffisamment larges et avec rocker pour profiter de la descente, mais allégés et fixés light pour ne pas trop peiner à la montée. Les gammes sont très larges.
Côté fixations, les modèles dits “Low-tech » (avec inserts) se sont multipliés ces dernières années. Elles ont l’avantage d’être légères et performantes, même dans des descentes un peu rudes. Elles nécessitent d’avoir en face des chaussures dotées d’inserts spécifiques. Les fixations type Diamir (compatibles avec les chaussures de ski alpines), sont à éviter. Elles sont trop lourdes et leurs performances (poids et déclenchement sécurisé) sont égalées par les nouveaux modèles à inserts.
La fixation de référence, la low tech de Dynafit, a été inventée il y a plus de 20 ans, restant inchangée ou presque au pied des randonneurs du dimanche et autres cafistes. Puis les guides et certains pros riders ont commencé à comprendre qu’il y avait un petit trésor dans ces fixations minimalistes : elles permettent de monter avec légèreté et de descendre avec sécurité (relative cependant, il n’y a pas de déclenchement sécurisé).
Tombée dans le domaine public, cette technologie a été transformée pour s’adapter aux nouvelles demandes du marché, par exemple en lui adjoignant ce fameux déclenchement sécurisé, à même de rassurer les skieurs alpins habitués à la simplicité, à la compatibilité et à la sécurité du matériel de ski alpin.
Les chaussures de freerando s’allègent, augmentent le débattement du collier (l’amplitude en mode marche, donc le confort), s’adjoignent une semelle permettant de marcher sur les rochers sans glisser et offrent globalement une meilleure performance pour moins de poids.
Tout s’allège, c’est vrai, mais la course au gramme est une obsession des meilleurs, ne vous embarquez pas là-dedans. Commencez par choisir votre matos selon votre passé de skieur alpin (piste performance, all-mountain, freeride, freestyle) une paire qui vous ressemble dans le large choix : 70 mm sous le pied pour du fitness ? 80 mm pour un éventail plus large ? A partir de 90 mm pour un vrai comportement freeride ?
Finalement, et contrairement à ce qu’on peut penser, ce n’est pas la première chose qui doit venir à l’esprit. Les marques proposent toutes (ou presque) des gammes complètes de modèles de skis, de chaussures et de fixations pour le freerando. Se mettre au ski-alpinisme, connu pour les tarifs exorbitants de son matériel, mais avec un petit budget ? C’est tout à fait possible. Il existe des chaussures un peu moins ultra-light que les pompes carbone utilisée par les champions, mais tout de même très performantes, et trouver des skis de compétition d’occasion n’est pas chose compliquée. Les sites de petites annonces, spécialisés ou non, sont parfaits lorsque l’on cherche à s’équiper pour pas (trop) cher (merci leboncoin et skitour). Evidemment, il est aussi possible d’acquérir le top de gamme entièrement neuf ! Bref, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. De quoi contenter toutes les approches du ski de randonnée.
La location permet de maitriser son budget et de tester plusieurs types de ski, plusieurs configurations ski/chaussures/fixation.
Une fois tout ça digéré, on passe (enfin !) à la pratique.
Le principe originel du ski de randonnée, c’est pouvoir aller, selon son niveau, où on veut, quand on veut, sans contraintes extérieures (à part la météo et les conditions de neige). Sortir du domaine skiable, fuir la foule, profiter de la neige fraîche et transpirer un peu aussi. Voire beaucoup.
La première étape pour vos spatules novices, ce sont les stations de ski. Elles sont maintenant plus de 40 à proposer des pistes balisées, sécurisées, pour monter en toute tranquillité et redescendre sur la piste. D’ailleurs, on en a dressé une liste que vous pouvez retrouver ici.
L’option idéale, c’est quand même l’engagement d’un moniteur ou d’un guide qui vous prodiguera, en plus, tous les bons conseils. Vous apprendrez avec eux comment faire une conversion par exemple, geste simple mais essentiel à une pratique cool de la rando !
Dans tous les cas, évitez de partir en montagne seul, inexpérimenté, sur la foi d’un topo annonçant des bonnes conditions, et ne montez pas le long des pistes de ski alpin, de jour comme de nuit : c’est dangereux ! On le répète, même si c’est tentant, les machines travaillant de nuit sont un vrai danger pour les randonneurs et les skieurs, la journée, vont vite et peuvent vous percuter.
Une piste de ski, c’est fait pour descente. Pas pour monter !
En devenant randonneur, votre objectif est de quitter les pistes et d’explorer la montagne ! Il est cependant illusoire de vouloir devenir une spécialiste des avalanches quand on skie une ou deux semaines par an.
L’achat de l’incontournable trio DVA-Pelle-Sonde sera obligatoire. Même si aucune loi ne l’impose. Sauf celle du bon sens. Dans ce domaine, il n’y a pas vraiment de règles, tous les DVA (appareils de recherche d’avalanche) respectent les mêmes normes. Les marques suivantes sont les plus reconnues : Barryvox, Arva, Ortovox, Pieps. Il existe des packs complets comprenant un DVA, une pelle (métallique, pas plastique, pour la solidité) et une sonde (facile à déployer).
Pour les airbags, ces sac à dos contenant un ballon qui se gonfle en un clin d’oeil si vous êtes emporté dans une avalanche. Il existe plusieurs systèmes (plus ou moins légers et chers) dont les avantages et les inconvénients passionnent seulement les geeks : Airbag, Snowpulse, Alpride et JetForce.
Ensuite : entrainez-vous ! Et s’il vous reste des étrennes de mamie, les confier à un guide où à l’ANENA pour suivre une formation sur le terrain, ou d’autres initiations. Une liste des formations de sécurité en montagne est disponible sur le cite du CTC, n’hésitez pas à la consulter !
Vous pouvez toujours vous cultiver de façon encyclopédique, ce qui n’est jamais inutile, en lisant des livres (l’ouvrage de Sébastien Constant Ski de rando ou le hors-série de Montagnes magazine consacré aux avalanches) ou en suivant des cours en ligne (comme Mountain Academy mis en place par la marque Salomon). Mais il ne faut pas oublier que ces connaissances théoriques sont à compléter avec des formations pratiques, sur le terrain !
Dernier point sécu : évitez de partir seul. En cas d’accident, c’est toujours mieux d’avoir un petit groupe pour prévenir les secours. Mais, ne partez pas non plus en meute ! Trop de monde sur une même trace n’est jamais une bonne chose en terme de sécurité.
Côté vêtements, il faut garder à l’idée qu’une randonnée c’est une montée et une descente. Parfois plusieurs. Pour la montée, mieux vaut prévoir des sous-vêtements respirants et légers, car a priori le randonneur aura chaud (effort physique oblige). Polyester ou Merinos, c’est au choix de chacun. Pour la descente, on rajoute une polaire et/ou une doudoune, sans oublier la veste imper-respirante pour le vent et la neige. Et voilà.
Le tout tiendra dans un sac à dos type 20-30 litres. Pour une rando journée, il permet d’emporter tout ce qu’il faut : pelle-sonde, couteaux, peaux (à la descente), doudoune, veste, de quoi boire et manger. Les plus prévoyants emporteront aussi un couteau multifonctions en cas de pépin de matos.
Détail qui tue : le sac doit avoir des sangles pour porter les skis lorsque la pente est trop raide ou au printemps, lorsque la neige fait défaut et qu’il faut marcher. Sinon, ça sera sur l’épaule donc moins confortable. En fait dans son sac à dos, idéalement il faut avoir tout ça.
Le matos évolue, les moeurs aussi. On ne pratique plus les sports de montagne de la même manière, on zappe, le matériel est moins cher, plus ludique, nécessite moins d’apprentissage et délivre de belles sensations rapidement.
Quasiment toute l’année, même l’été en très haute altitude. En gros, tant que les conditions sont bonnes. Méfiance avec les débuts de saison où la neige tombée en faible quantité est très souvent instable, soufflée par le vent… Méfiance aussi les lendemain de grosses chutes de neige où les pentes ne se sont pas encore purgées naturellement. Les bulletins « neige » indiquant les risques d’avalanche, les niveaux de regel et toutes les autres infos sur la neige sont à connaître et à utiliser sans modération. On vous a fait un petit guide de l’utilisation du Bulletin d’Estimation du Risque d’Avalanche qui vaut le détour pour comprendre comment utiliser ces données.
La période “idéale” pour pratiquer la rando est finalement le printemps (d’où l’expression originelle de « ski de printemps »…) lorsque le regel nocturne garantit un bonne stabilité du manteau neigeux.
- Partir avec du matériel non adapté (des skis trop fins quand il y a beaucoup de poudre, des chaussures qui font mal, des peaux qui n’adhèrent pas correctement…).
- Partir en mauvaise condition physique ou avec une douleur récurrente qui ne fera que s’accentuer lors de la rando.
- Ne pas respecter les contraintes de météo ou de terrains imposées par la montagne.
- Se surestimer physiquement, techniquement et mentalement.
- Partir trop tard au printemps et se retrouver dans une neige trop transformée difficile à skier à la descente.
Voilà ! Maintenant, il n’y a plus qu’à !…
Vous nous racontez ?
Texte : Floriane Macaire et Guillaume Desmurs
1 Comment
Pour celles et ceux qui ont envie de se mettre à la rando, d’apprendre tout plein de choses et de rencontrer tout plein de gens, mais qui ont pas les moyens d’embaucher un-e guide à chaque fois qu’il faut mettre le ski dehors, y a aussi…les clubs de montagne, non? 😉 (promis y a pas que des vieux)