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On a tracé la Pierra Menta !

19 mars 2018
News, Non classé
arêches-beaufort, compétition, kilian jornet, pierra-menta, ski alpinisme, skimo, trace
BANZAG 2018
Moi, skieur urbain

Dans le petit milieu du ski-alpinisme, celui des « athlètes » du ski de rando, des maniaques du poids, des « collant-pipettes », une course fait référence depuis bientôt 40 ans. Née de la passion de quelques solides gaillards qui pratiquaient le ski de randonnée dans leurs montagnes du Beaufortain, la Pierra Menta a, depuis, fait un sacré bout de chemin. Cette course extrême (10 000m de dénivelé positif en 4 étapes) est rapidement devenue internationale. Un mythe s’est forgé et tous les plus grands noms de la discipline ont, tôt ou tard, cherché à accrocher cette épreuve à leur palmarès. Ce mythe ne s’est pas créé par hasard ; si « la Pierre » est devenue si charismatique, c’est qu’elle le doit a un aspect bien particulier, une véritable singularité qui réside dans l’esprit de la course.

Par Aurélien Colin

Crédits photo : ©Jocelyn Chavy & Aurélien Colin

Depuis 33 éditions, les organisateurs n’ont quasiment rien lâché sur leurs valeurs et ambitions initiales. Du « ski de rando version alpinisme », des parcours exigeants, engagés, techniques, des coureurs tous logés à la même enseigne du premier au dernier, des tracés aussi majestueux que redoutés, et surtout une énorme ferveur populaire. Durant la première quinzaine du mois de mars, le petit village d’Arêches-Beaufort, perle du Beaufortain, voit débarquer de nombreux coureurs assoiffés de dénivelé, mais aussi des milliers de spectateurs venus supporter les coureurs et profiter de l’ambiance de la course.

Voilà pour le décor. Pour le reste, on vous invite à venir voir un jour cette course, car la Pierra Menta, ça ne se raconte pas, ça se vit !

Si votre rédacteur du jour s’emballe un peu sur les éloges, c’est parce que je suis tombé dans la marmite étant petit ! Non, en fait, depuis seulement 5-6 ans. Puis j’ai eu la chance d’y participer 4 fois, avec des hauts et des bas. Cette année, je n’étais pas au départ, année de break, alors, pour les lecteurs de Community Touring Club, j’ai voulu vous montrer un autre aspect de la course, celui que l’on ne voit que rarement, mais qui est le socle de la réputation de l’épreuve, les tracés.

Pendant 4 jours, environ 400 skieurs-alpinistes (600 avec la course des jeunes) vont défier la montagne en essayant d’atteindre le plus rapidement possible ses sommets. Avec des skis de 65mm au patin (environ) et des peaux d’1m50, on aime bien avoir une trace « béton », bien tracée (pas trop raide, mais qui dénivelle vite) où l’accroche de nos peaux sera suffisante. Et c’est justement là que les organisateurs sont devenus experts, « docteurs ès trace » !

La « trace » de la Pierra Menta c’est une sorte de label reconnu parmi toutes les épreuves du circuit de La Grande Course. Une reconnaissance du milieu du ski-alpi, qui est loin d’être le fruit du hasard.

Cette année, dame Nature avait eu la bonne idée de déposer une quarantaine de centimètres de neige la veille du départ, puis température printanière, puis pluie, puis à nouveau 15 cm, puis soleil… Et tout ça sur un manteau neigeux déjà particulièrement instable. Un véritable cauchemar pour les organisateurs qui se doivent de proposer chaque jour un parcours à la hauteur de la réputation de l’épreuve, même si le risque d’avalanche est élevé. Des parcours de repli sont évidemment prévus, mais les facteurs à prendre en compte sont nombreux. C’est là où le savoir-faire des traceurs fait miracle.
Community Touring Club a voulu en savoir plus sur leur méthode, leur organisation. Pour cela, rien de mieux qu’une immersion dans l’équipe des traceurs de la Pierre…

Jeudi 15 mars, 19h00, briefing des traceurs.

Dans la salle en-dessous, les coureurs viennent de recevoir le briefing de l’étape du lendemain et sont déjà affairés à aller dîner le plus vite possible. Au 1er étage, bénévoles et contrôleurs viennent également d’être briefés. Seuls restent quelques personnes, une petite trentaine quand même, qui attend les directives d’Olivier, responsable des tracés. On est ici à Arêches, patrie du ski de randonnée et du fromage de Beaufort, les hommes et femmes présents et volontaires pour « aller tracer » sont des passionnés, des gens du cru, mais aussi des skieurs venant de différentes régions.

Les directives sont brèves, chacun sait ce qu’il a à faire. On insiste toutefois sur le risque nivologique. Le jour-même, un incident a eu lieu pour l’une des équipes de traceurs.

Demain à 5h45, un nouveau viendra rejoindre les troupes, un petit jeune qui veut écrire un article. Est-ce qu’il arrivera à tenir les 800m/h, rythme auquel vont progresser les traceurs ? J’ai intérêt à ne pas décevoir 🙂 Réponse dans quelques heures…

Vendredi 16 mars, 5h45

Frontale sur la tête, je rejoins le groupe de Christophe. On part pour tracer 3 montées, tout le monde emporte des fanions (verts pour baliser les montées et rouges pour les descentes). Nous sommes un groupe de 10 personnes et 3 autres groupes sont chargés de baliser d’autres sections de l’étape. Un check DVA et c’est parti.

Le traçage d’une étape, c’est une équipe qui trace la veille et des équipes qui tracent le jour-même, avant le passage des coureurs.

Dans la première montée, je discute avec Christophe et lui pose quelques questions à propos de leurs petits secrets de traçage.

Les « traceurs » ne sont pas des skieurs lambdas, ce sont des skieurs de rando expérimentés, capables de faire quasiment le même dénivelé que les coureurs dans la semaine (10 000m !). Deux mois avant la course, traceurs et bénévoles se rassemblent pour une journée de formation et de simulation grandeur nature. On trace une étape, on fait des exercices de recherche d’avalanche, on apprend à se connaitre et à travailler ensemble. Ces gens sont bénévoles, mais professionnels dans leur approche. On commence à mieux comprendre d’où vient le mythe de la course et de ses tracés.

Déjà 400m de dénivelé positif passés, nous sommes répartis sur 3 traces parallèles. Ici, les coureurs vont arriver groupés et il faut qu’ils aient la place de passer sans que ça bouchonne. D’ailleurs, je fais remarquer à Christophe que certains traceurs passent d’une trace à l’autre. C’est volontaire. Oui, me répond t-il. « On essaye de plus en plus de prévoir des espaces pour doubler, et c’est assez apprécié ».

Le jour est maintenant levé et nous sommes au sommet de la première montée, environ 750m de D+. Notre groupe entame une descente dans la poudreuse, avant d’aller tracer l’avant-dernière difficulté du jour. Un groupe est venu « tracer » hier, mais la neige, tombée cette nuit, a quasiment tout recouvert. Les coureurs seront là dans 2 heures et il faut refaire les « rails », remettre des jalons, et vérifier que la pente n’est pas piégeuse. Au col de Roche Plane, il est 8h du matin. Les coureurs viennent de partir du Planay et il reste une descente et une montée à tracer pour l’équipe ! Je me dis que ça commence à être serré.

Autre interrogation, il me semble que la trace que nous venons de faire n’est pas très « propre », entendez par là, « pas très damée ». Pas d’inquiétude, me répond t-on, des « lisseurs » vont passer derrière… OK, je viens de comprendre le secret des tracés de la Pierra Menta !

Les itinéraires « classiques » (Mirantin, Grande Journée, Grand Mont) ont tous des « plans B » prévus, alias parcours de repli. « Cette année, on fait du repli de repli » me confiera Christophe. Malgré tout, les tracés sont magnifiques, le balisage et la préparation de l’itinéraire frôlent la perfection et on ne laisse rien au hasard. Cette immersion au sein de l’équipe des traceurs, ces hommes et ces femmes qui se lèvent toute la semaine à 5h du matin pour aller « jalonner le parcours » m’aura fait voir la course différemment.

A 8h30, je rejoins le sommet de la première difficulté du parcours pour aller voir passer les coureurs. Eux terminent le balisage. Et à 10h, ils rattaquent pour aller tracer l’étape du lendemain. Respect !

2 heures plus tôt, ça ne ressemblait pas vraiment à ça...

Un grand merci à l’organisation de la Pierra Menta, et particulièrement à Christophe, Pierre-Yves et Dominique de m’avoir permis de vivre cette expérience. Ça valait le détour. Et si vous n’êtes encore jamais allé voir la course, allez faire un tour au Grand Mont lors de la prochaine édition, la fondue et le vin blanc méritent d’être goûtés, même si vous n’aimez les couleurs flashy des combis des coureurs.

Bon ski ! Aurélien


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