Quoi de neuf sur la neige au niveau matos ? Les modèles 2017 que nous avons skié confirment la pertinence du développement des marques en direction de la randonnée : légèreté et performance. Les deux sont de moins en moins incompatibles et il est possible de se faire plaisir dans de belles courbes bien taillées ou tenir sur une neige dure avec du matériel (ski, chaussures, fixation) labellisé randonnée… ce qui n’était pas imaginable il y a seulement cinq ans.

Retrouvez les tests du CTC, une sélection de skis de randonnée passés à la moulinette de nos testeurs. Vous pouvez sélectionner votre prochain ski selon le type de randonneur que vous êtes :

Profil fitness : l’argument principal est la légèreté. C’est le matériel du coureur de trail qui veut garder la caisse l’hiver en alignant les mètres de dénivelé positif sur piste, le soir. Il pratique en terrain balisé et sécurisé. Il ne se préoccupe pas de la descente. Si vous êtes comme lui (elle), vous aurez besoin de ces skis :

Trab – MAESTRO 75 – Award Coup de Coeur CTC

Hagan – Ultra 76

Fischer – TRANSALP 80

Profil classique : l’argument principal est la facilité et la polyvalence (le mot préféré des marques de ski). Ce randonneur veut du matériel simple à utiliser, sans bricolage, et suffisamment versatile pour skier avec ses enfants sur pistes, sortir en poudreuse, randonner sur piste et hors-piste. Il cherche un bon équilibre entre facilité à la montée et efficacité à la descente. Si vous êtes comme lui (elle), vous aurez besoin de ces skis :

G3 – FINDR 86

Dynafit – Laila Peak 82

Atomic – BACKLAND 85

Atomic – ULTIMATE 85

Trab – ALTAVIA CARBON 83

Dynastar – MYTHIC 87

Völkl – VTA 88 – Award Coup de Coeur CTC

Movement – ALP TRACKS 84

Scott – SPEEDGUIDE 84 – Award Coup de Coeur CTC

Fischer – Stella Alpina 88

Profil freerando : l’argument principal est la performance à la descente. Le freerandonneur est un freerider qui cherche la sensation de glisse. La descente est la plus importante. La montée est un moyen d’atteindre la belle pente ou le beau couloir sans difficulté. Si vous êtes comme lui (elle), vous aurez besoin de ces skis :

Blizzard – ZERO G 95

K2 – Wayback

K2 – Talkback

Trab – SUPER MAXIMO 98

Salomon – QUEST 99

Salomon – MTN 95 – Award Coup de Coeur CTC

Scott – SUPERGUIDE 105

Fischer – RANGER 98 Ti

Fischer – Hannibal 100

Tests 2017 Community Touring Club

Il y a des exceptions à cette règle, bien sûr, car dans les marges (ski-alpinisme ou ski racing) qui concernent un nombre restreint de skieurs, la légerété primera toujours sur la performance à la descente et, à l’inverse, le poids ne sera jamais un enjeu par rapport à la tenue de courbe.

La rando et la freerando continuent donc à influencer de façon durable et profonde les gammes des fabricants ainsi que la conception du matériel. « Une chaussure comme la Hawx (Atomic) ou la QST (Salomon) sont des chaussures alpines clairement influencées par le design rando », explique Jérôme Minet, en charge de la chaussure chez Lange.

Les chaussures-boites vont-elles disparaitre ? Glenn Plake, il y a deux ans, estimait que les chaussures de randonnée (débrayables, légères et avec semelle grip) seront la norme pour le skieur loisir. En quoi la Procline d’Arc’teryx n’est-elle pas une chaussure pour un skieur débutant ? Quelqu’un peut m’expliquer ?

Tests 2017 Community Touring ClubDes deux côtés du spectre d’usage, les skis nouveaux font mentir leur géométrie : un 105 mm sur neige gelée ne décroche pas autant qu’avant et un 87 mm ultra-léger permet de tailler des courbes d’une précision inimaginable il y a quelques années (deux exemples vécus avec le Superguide de Scott et le Mythic 87 de Dynastar).

Cela me rappelle l’épique époque du rocker où on a du apprendre à regarder les skis de profil !

Avec l’intrusion de l’esprit rando dans le ski en général, il faut accepter que la légèreté n’empêche pas la performance (avec les nuances de rigueur, cf premier paragraphe).

Le cycle des nouveautés s’est considérablement ralenti chez les fabricants de ski et notamment dans le matériel de rando : fini les nouveautés annuelles, les modèles restent en gamme deux ou trois saisons avec parfois les mêmes décos… et ce n’est pas finalement pas si mal. On en parle depuis un moment, depuis 2009 même <http://www.skipass.com/videos/trop-de-nouveautes-tuent-la–1.html>. Ainsi Zag n’annonce pas de nouveautés mais annonce qu’il travaille sur un modèle junior et un nouvel Ubac, le modèle-phare de la marque d’Argentière décliné à partir du shape du Bakan, actuellement le plus large de la gamme rando chez Zag. Ils seront disponibles l’hiver prochain.

Tests 2017 Community Touring ClubAu milieu du fouillis (plus ou moins entretenu par les fabricants) des normes de fixations (Tüv, Iso…) et auquel plus personne ne comprend rien, un standard se dessine : la fixation à inserts de Dynafit. L’annonce d’un accord de partenariat avec le groupe Amer (pour les chaussures Arcteryx dès 2016/2017, testées ici, et les modèles Atomic et Salomon pour 2017/2018) vient confirmer cette tendance. Ces trois marques équiperont donc leurs chaussures d’inserts certifiés Dynafit qui améliorent la compatibilité entre une chaussure et la fixation. Les marques suivantes ont déjà signé pour le sceau Dynafit : Tecnica, Scott, Fischer, Hagan (+ Movement et Roxa, ce sont les trois mêmes chaussures), Lange et Scarpa.

Un autre exemple de la confusion entretenue sur les chaussures et les fixations est la norme rando WTR : elle donne aux chaussures de rando une sécurité équivalente aux systèmes de ski alpin… uniquement sur les fixations WTR. Sauf que sur des fixations de ski alpines classiques (donc non WTR), il n’y a pas de déclenchement sécurisé. Ce léger défaut n’est évidemment pas clairement expliqué. Posez la question à votre détaillant pour voir…

Les nouveautés font plaisir à l’amateur de matériel, dont nous faisons partie sans aucun doute, mais elles indiquent aussi dans quelle direction investissent les marques. La réponse est claire : la montée… ET la descente.

Merci : à la station des Arcs, au Sanglier qui Fume et à tous les testeurs (Caroline Freslon, Adrien Coirier, Laurent Niol, Thomas Gachet)

Texte et photos : Guillaume Desmurs

 

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